L'ouragan de la Nouvelle-Orléans.
Cinq personnages se retrouvent pris dans le tourbillon de cet ouragan.
Buckeley est emprisonné pour huit longues années. A l'approche de l'ouragan, la prison est vidée de son personnel ; les prisonniers se retrouvent seuls face à l'eau qui monte dans les cellules.
Le révérend abrite les croyants dans la maison de Dieu afin que tous se sentent en sécurité sous l'œil divin.
Keanu a quitté Rose six ans auparavant, mais l'annonce de l'ouragan le pousse à braver tous les dangers pour la retrouver. Il quitte Houston pour se rendre à la Nouvelle-Orléans sous les rafales et la pluie.
Rose vit seule avec son fils.
Joséphine Linc. Steelson aime à se décrire comme "négresse depuis presque cent ans". Fille d'esclave, elle veut se sentir libre et refuse d'être évacuée mais veut affronter la colère des éléments.
"J'en ai vu passer plusieurs, toutes avec des noms de filles, des noms de traînées, oui je les reconnais à l'odeur, à ce qu'elles charrient, je sens leur force et je peux vous dire que celle-là sera une affamée, une vicieuse, une méchante."
"Le vent ne nous appartient pas. Ni les bayous. Ni la force du Mississipi. Tout cela nous tolère le plus souvent, mais parfois, comme aujourd'hui, il faut faire face à la colère du monde qui éructe. La nature n'en peut plus de notre présence, de sentir qu'on la perce, la fouille et la salit sans cesse. Elle se tord et se contracte avec rage. Moi, Joséphine Linc. Steelson, pauvre négresse au milieu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule, mais j'ai hâte, car il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu'un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d'une petite existence."
A lire absolument les pages 32 et 33, un tourbillon de mots, tels l'ouragan qui les attend.
Pour tout vous avouer, j'avais lu les précédents romans de Laurent Gaudé, je les avais bien aimé mais sans plus. J'ai lu celui-là au mois de mai, une période où j'avais envie de lire des romans de la rentrée mais où rien n'était disponible. Je l'ai lu faute de mieux en fait. Et j'ai été bluffée. On ne peut décrire un roman par une onomatopée, pourtant "Waouh" est le mot qui convient. Un roman éblouissant, époustouflant, porté par le personnage de Joséphine, humaine, attachante, blessée par la vie mais fortement attachée à celle-ci. Une femme que même un ouragan ne peut déraciner.
J'ai failli passer à côté de ce roman, ne faîtes pas comme moi !!!